

Ce matin nous avons décidé de visiter Mas, un village au sud d'Ubud, réputé pour ses sculpteurs sur bois. Sophie G, une amie ayant vécu là bas quelques temps, m'a confié un colis/cadeau à remettre à son ancien professeur de sculpture. J'ai le nom du bonhomme (Pak Reigig), sa photo, et deux noms de rue vers lesquelles se diriger (Sophie n'ayant pas jugé utile de donner une adresse précise). Le Gozier et moi même avons un sens de l'orientation plutôt correct, nous filons vers le sud la caméra au poing version "J'irai dormir chez vous". Notre confiance s'effrite dans Ubud après avoir demandé à un passant anglophone s'il connaissait un master wood carier du nom de Reigig. Réponse : il y a des centaines de master carvers, et des centaines de Régi. En insistant avec nos questions, les gentils Balinais finissent toujours par pointer du doigt une direction aléatoire... Nous traversons complètement Mas (l'absence de signalisation est flagrante) quand je finis par voir un panneau indiquant l'une des deux rues, nous nous y engageons, interrogeons un passant, puis un autre qui prétend connaître. Nous le suivons en scoot lorsque la pluie se déclenche. En 1min, le temps de nous garer, nous sommes trempés. Nous sommes dans une minuscule ruelle, une porte s'ouvre, je reconnais un des balais de la maison de Pak que j'ai vu en photo (toutes les maisons Balinaises sont constituées de plusieurs petites maisons ouvertes, comme dans un temple, que l'on appelle balais). Au fond, il y a un vieil homme assis en tailleur qui travaille. C'est lui, en plus vieux! Nous lui offrons le cadeau de Sophie , discutons tant bien que mal avec l'aide de notre guide et interprète, puis il retourne à ses occupations et nous prenons congés. Un de ses fils nous propose de le suivre pour nous montrer l'atelier de sculpture, nous le suivons sur 1km jusqu'à atteindre une superbe maison. Le deuxième fils nous offre le traditionnel café, avec le marc au fond. Trois sculpteurs travaillent patiemment leurs pièces. Nous visitons le showroom, où des milliers de sculptures plus belles les unes que les autres sont exposées. Il y a des œuvres de maîtres, signées, et des reproductions de leurs élèves. Aucun de nous n'avait l'intention d'acheter quoi que ce soit, mais ces sculptures sont d'une beauté et d'une finesse incroyable. Le bois lui même est de toutes les couleurs, du blanc, gris, brun, rouge... J'ai un coup de cœur pour une statuette représentant une danseuse Balinaise avec des ailes. Etrange ou non, c'est Pak Reigig en personne qui l'a réalisée. Il lui aura fallu environ 3 mois de travail, parfois en y consacrant seulement 1h par jour, parfois davantage. Son fils m'explique que le maître est aujourd'hui âgé de 75ans et qu'il peut moins travailler que par le passé. Je me décide à acheter cette pièce, pour sa beauté, son authenticité, et tous les souvenirs qu'elle portera. Maintenant, j'ai un nouveau colis volumineux qui devra voyager avec moi tout le reste du séjour sur des milliers de km... L'écureuil Jodko quant à lui a fait un triple craquage... sur des pièces plus petites, il faudra une bonne session de Tetris pour caser tout dans son sac. Seul Paul a résisté.
Le premier fils nous mène dans un restaurant où nous déjeunons en terrasse avec vue sur les rizières. Puis nous nous aventurons vers la rivière, un autre quartier de Mas où nous rencontrons un autre sculpteur. Finalement nous retournons chez Pak et sa femme Wayan nous remet un petit mot pour Sophie. Nous nous quittons peu après. Ces gens sont tout simplement charmants.
Nous décidons de filer vers le Nord d'Ubud, vers Teggalalang, pour ses belles rizières. Une très belle balade à scoot de plusieurs heures, paisible.
Nous rentrons à Ubud vers 17h, pour passer une heure dans le sanctuaire des singes, une sorte de parc dans lequel des centaines de macaques en liberté sont nourris par l'homme. Loins d'être farouches, ils grimpent sur les touristent qui ne leur jettent pas suffisamment vite les bananes qu'ils attendent. Le singe éternellemnt repus est du genre paisible.
Vers 19h, un spectacle de kacak dance (les "c" se prononcent "tch") et ire dance nous attend à quelques pas de l'hôtel. Danses costumées et chants traditionnels (une sorte de caquètement / hululement général), un homme en transe marche pieds nus dans des braises. Impressionnant.
Nous reprenons la fameuse rue pavée de la veille (Jalan Kajeng) pour trouver un sympathique restaurant: Sura's warung. Par pur hasard, le lieu est rempli de français (il devait être dans le Routard, qu'aucun de nous ne possède). Tout est délicieux et pas cher. Nous taquinons la serveuse pour qu'elle accélère le débit de boisson et de nourriture. Nous goûtons le vin de palme : l'arak, qui semble avoir fini sa maturation dans un pneu de camion tant le breuvage possède un arrière goût de caoutchouc fumé. Avec du sucre et citron, ça passe bien (comme tous les mauvais alcools). En bref, nous mangeons comme des ours. Au moment de partir, un animal caché derrière un des tableaux du resto émet une série de croassements puissants (la fameuse série de cris que j'avais entendu avec Moltesse en 2003 en Thaïlande et que nous poussons parfois en souvenir de ces bons moments). J'étais persuadé que l'animal était un gros batracien, et je me suis trompé! La vérité est faite, c'est tout simplement le cri du gecko mâle en ruth! Celui que nous débusquons est un gros bestiau gris à points jaunes (particulièrement vilain) qui prend immédiatement la fuite, pour aller interpréter son chant nuptial plus loin.
Nous finissons la soirée au Bike Bike avec quelques verres d'arak, attendons qu'une belle averse passe, puis nous rentrons nous coucher. Il est 2h, la journée à été bien remplie.