mercredi, octobre 22, 2008
14 Octobre - Retour a Yuksom
Petit dej, toilette a la bassine, et c'est parti pour une grosse descente de 1200m par cette belle journée. La route est longue, mais il y aura maximum 1h30 de montée sur tout le parcours. Je devrais tenir le coup.
On démarre lentement au début, puis on accélère, redecouvrant le paysage par temps clair. Plus nous descendons, plus la végétation est dense et luxuriante, on entend de plus en plus de criquets, cigales et autres insectes bruyants, la température monte également.
2h plus tard, je suis en nage. J'ai réussi a transpirer par -15C, donc ma liquefaction me semble parfaitement logique par 20C (c'est pas le gars de la pub axe non plus). On fait halte après 3h30 de descente au pied d'une cascade. C'était le temps requis pour vérifier qu'une crise l'hypoglycemie se déclenche chez moi après 3h d'activité ininterrompue. Quel bonheur de pouvoir s'arrêter sans pour autant se couvrir de sa polaire, sécher au soleil, ou encore se debarbouiller dans l'eau fraîche (et non glacée) de montagne... Une bonne heure plus tard nous repartons vers Yuksom, que nous atteignons d'une seule traite après 2h de marche, directement a l'hôtel pour un rafraîchissement bien mérité. Puis la douche tant attendue après 7jours d'abstinence forcée (rappel: nettoyage quotidien a la lingette bébé...) Je peste un peu parce que l'eau est froide, mais au fond je suis ravi.
Ce soir nous avons décidé de fêter la fin du trek, et nous retrouvons par hasard nos 3 français de Dzongri qui avaient rebrousse chemin. La bière locale, la "Hit" coule a flots, tout comme le rhum et le whisky (locaux également). Un ami du guide des français a ramène un sac plastique rempli de tisane qu'il cultive lui même (Dédicace a la Cossonnerie incorporated). Comme d'habitude Seb nous régale a la guitare et les guides se joignent a lui pour nous interpréter quelques chansons d'amour en Nepali assez mythiques (et kitsch). Sajit nous rejoint après avoir réglé quelques formalités auprès des nouveaux groupes. On finira a 2h du mat assis dans la pelouse, hilares, au clair de lune. Je sens un gros relâchement. La tension physique s'est évanouie.
Ainsi s'achève le trek a proprement parler. Mais les services de Sajit s'appliquent sur 11 jours, transport, gite et couvert inclus. Le programme n'est donc pas termine. Demain, nous nous rendrons au monastère de Tashiding, pour y passer la nuit et "méditer" ;-)
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dimanche, octobre 19, 2008
13 Octobre - Retour a Tshoka
Préparation habituelle. En serrant mes chaussures de rando je crois casser un lacet. En fait il s'agit uniquement de la membrane externe de celui-ci, les cordons a l'intérieur ont tenu bon. Le conseil du vieux trekker au vieux campeur : acheter une paire de lacet supplémentaire quand on part plusieurs jours...
Départ 8h30. Le chemin, au lieu de remonter vers Dzongri comme a l'aller coupe a flanc de montagne, dans la forêt, sans tendance a monter ou descendre. A 11h, pause déjeuner. Cela fait 6 jours qu'on ne mange que végétarien. Enfin presque, le chef nous a fait des fish momos avec des sardines en boite il y a 2jours. Pas franchement convaincant. On parle de viande sous toutes ses formes, du festin qu'on fera a Yuksom (poulet), Delhi (agneau) et Paris (boeuf). Cette discussion m'a mis l'eau a la bouche et je propose qu'on essaie d'acheter un poulet vivant en arrivant ce soir a Tshoka, le cook le préparera. J'en parle au guide, il traduit a Uncle. La conclusion est que c'est parfaitement faisable, moyennant quelques roupies. Après 1h de route nous tombons sur un embranchement connu. C'est le lieu ou nous avons déjeuné en allant a Dzongri. A gauche, le chemin recouvert de planches qui mène a Tshoka. Le décor est nettement moins ennuyeux par beau temps.
Nous arrivons a Tshoka ou par miracle il ne pleut pas. Sous cet angle, c'est un village sympathique avec un peu d'animation. Seb et moi, un peu en avance sur le peloton, inspectons les fermes environnantes pour dénicher le poulet qui fera notre bonheur pour le dîner de ce soir. On en repère quelques uns bien gros. On savoure une bière en terrasse également. Quand l'équipe arrive, elle nous annonce que ce soir nous ne dormirons ni au refuge ni sous la tente, mais dans un lodge avec de vrais lits ! Ok, il n'y a toujours pas de douche mais c'est déjà une belle satisfaction. En outre, un porteur est alle acheter le volatile de nos rêves. Un joli poulet blanc de taille moyenne. Ca fera l'affaire ! :-)
Nous découvrons notre chambre, siestons un peu, lisons, puis décidons de faire un petit tarot dans la salle commune. Vers 17h, les sikkimais nous apportent le millet ! Ils ont décidé de nous gâter ce soir. Je fais bien sur honneur a la réputation française.
Le repas arrive vers 18h30, on nous sert des boulettes frites dans lesquelles nous discernons un goût de volaille. Un frisson parcourt la tablée. Se peut il que le chef ait craqué son tablier pour nous servir de vulgaires nuggets ??? Alors que nous revions d'énormes bouchées de viandes comme dans tout banquet gaulois digne de ce nom ?? Je fais la gueule. Jusqu'à ce qu'on me serve finalement l'animal découpé en petits morceaux, dans une sauce qui me rappelle une basquaise en plus relevé. Le poulet fermier élevé a 3000m, c'est un truc robuste !! Alors que le repas touche théoriquement a sa fin (il n'y a pas de véritable dessert en Inde) toute l'équipe nous rejoint dans la salle avec un joli gâteau au chocolat sur lequel est écrit "Happy trek". (Je n'ai aucune idée de la façon dont ils s'y sont pris pour faire un gâteau de type 4-quarts et son nappage avec un simple réchaud.) Ils entament alors de joyeux chants népalis, et certains d'entres eux dansent. L'instant est touchant, c'est notre dernier soir et nous avons passe une semaine entière a leurs cotés. Ils ont toujours été a l'écoute, disponibles, serviables malgré la barrière du langage. On commençait a peine a les connaître finalement. Je sais qu'ils vont me manquer quand ce sera fini.
Demain, retour a Yuksom.
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Tshoka, sous la pluie, comme d'habitude !
12 Octobre - Goecha La puis retour a Kochurung - Le jour le plus dur
On prend le départ a 3h30 avec deux guides. Ils ont enfin compris qu'on était un groupe a deux vitesses : les Steph B et N (que j'ai respectivement baptisés "le pachyderme" et "le panda rouge du Sikkim", rapport a leur vélocité et leur teint halé) et les autres (Seb et moi, aka "the french sherpa" and "the black Yeti"...)
Nous foncons dans la nuit glaciale, armes de nos lampes torches. Nous enjambons quelques ruisseaux et entammons une première grosse ascension. L'écart avec Steph N et le guide (toujours boiteux) se creuse immédiatement. Au bout d'une heure et demie de grimpette, nous atteignons le 1st view point, qui selon mes estimations s'élève a 4600m. On souffle un peu mais il fait tellement froid (-15C) que nous ne nous attardons pas. Le soleil n'est pas encore levé, et il faut descendre du view point 100m en contrebas vers une sorte de plateau. C'est raide et peu technique : un pierrier bien friable, de nuit. Des passages filent un peu le vertige a Seb, moi j'avance sereinement. Le plateau que nous atteignons s'avère être une sorte de vallée de la mort glacée au sable blanc. Une fois ce long plateau traversé nous abordons une deuxième ascension, qui visuellement semble plus courte (le soleil s'est levé mais n'eclaire pas encore la vallée) et qui est nettement plus douce. Je fais quelques dizaines de mètres de cote, et assez brusquement je sens une immense lassitude, les jambes lourdes comme du plomb, la vue qui se trouble, la trajectoire plus vraiment maîtrisée... Je me retourne et je vois Seb a la peine également. Crise d'hypoglycemie, j'ai pris du Crunch a Paris (Dédicace aux collocs ;-)) Seb a des biscuits. On se réservera le chocolat pour la fin. Alors que nous reprenons l'ascension au ralenti comme deux zombies, que la situation est plus dramatique que comique, nous prenons un vieux fou rire d'ivrognes. On s'exhorte mutuellement pour se donner du courage, on rit l'un de l'autre de se voir en pareil état, et finalement on atteint laborieusement le deuxième "view point" d'ou l'on peut voir un joli lac en contrebas... View point... alors qu'on croyait enfin atteindre le col de Goecha La ? Le GPS (Dédicace au Gozier) indique que nous sommes a 4920m. Cela fait 3h30 qu'on marche.
Alors qu'il reste 500m a peine de distance a parcourir, que l'on voit le col en face derrière une cuvette, Seb fait sa petite crise. Il se plaint que le guide n'a pas prévu de quoi se restaurer, qu'il est crevé, et que sans ses gâteaux on serait mort dans la cote et que c'est inadmissible etc. Coup de colère du a la déception de ne pas encore en avoir termine. Je me marre. Il redémarre d'un pas rageur et décidé, l'orgueil pique au vif. Pour s'arrêter net devant la cuvette, dubitatif. Celle-ci est recouverte d'une couche de neige vierge, seuls quelques rocher émergent des parois. Nous n'avons ni crampons ni piolets, il va falloir se frayer un passage sur une cinquantaine de mètres pour atteindre une portion rocailleuse qui mènera au col. Le guide ouvre la voie, je marche dans ses pas, Seb est a la traîne et semble avoir un peu le vertige. Le guide revient en arrière pour mieux lui dégager la voie, a l'aide d'un bâton. J'ai une sorte de montée d'adrenalyne et je ne m'occupe plus que d'une chose a présent, atteindre le col le plus vite possible. Lorsque celui-ci est enfin a ma portée, je finis les derniers mètres quasiment en courant dans la neige, et je fête l'atteinte de ce lieu, apogée du trek, dans un hurlement sauvage et libérateur.
Finalement, je rebrousse chemin avec mes deux acolytes vers 8h. Dzo pilot nous attend au 2nd view point avec du jus de fruit et des beignets (froids évidemment). Quelques minutes plus tard, Stephane N et Moncal arrivent au 2nd view point, Steph est exténué. Il manque de tomber a la renverse en s'asseyant sur une pierre, a bout de souffle. Tout le monde rigole. On redescend le plus rapidement possible vers Lamune, le soleil nous accompagne et nous crame la peau, il nous aura fallu 7h aller-retour (8h30 pour Steph N qui a explose a la fin, dormant même quelques minutes dans la vallée de la mort!). Seule notre petite équipe aura fait le Goecha La aujourd'hui. Repas puis sieste a Lamune. Bouclage des sacs et direction Kochurung, pour 2h supplémentaires de descente. 9h de marche avec un gros rythme m'ont chauffé les pieds. Heureusement, la nuit au refuge et le dîner d'Uncle seront salvateurs. Demain, redescente vers Tshoka.
En extra, le conseil du vieux trekker frileux : transformer sa gourde de la journée en bouillotte la nuit! :)
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jeudi, octobre 16, 2008
11 Octobre - Lamune via Kochurung
Le ciel est bleu cobalt, totalement dégagé. Le chemin contourne par la droite le view point d'hier, environ au deux tiers de sa hauteur. Même panorama splendide que la veille, le moral des troupes remonte en flèche. Puis le chemin dévie légèrement sur la droite, et descend vers une nouvelle vallée. D'humeur joviale, je fais un petit sprint avec Seb pour atteindre le sommet d'une butte. Il me faut évidemment un temps fou pour m'en remettre. Le paysage, si on fait exception des montagnes enneigees, me rappelle l'Ecosse : multiples cours d'eau, mousse et bruyere sont omniprésents. Nous cassons la surface des flaques d'eau gelées, telle Amélie Poulain et les crèmes brûlées.
Après 2h de marche et une descente très raide sur un versant boise nous arrivons au refuge de Kochurung (3600m). Le lieu est un cliché himalayen : au fond d'une vallée ou coule une rivière entre de blocs de granit, quelques petits ponts de bois, de grands arbres, avec pour horizon le mont Pandim (6600m) dont la cime blanche se découpe dans l'azur. On y fait une courte pause et on repart, en remontant la rivière, traversant la forêt moussue. Ca sent le sous bois et les champignons la dedans ! (Dedicasse pour C).
Après 2h, nous atteignons le refuge de Thangsing (3900m) ou nous dejeunons, toujours au soleil. La vallée s'est considérablement élargie, les arbres ont disparus au profit de bosquets plus modestes.
1h30 plus tard nous parvenons a Lamune (4200m). Je retrouve avec plaisir l'allemand et la suissesse que j'ai rencontres a Baghdogra. Ils rentrent a peine de leur étape du jour et ont l'air exténués. Ils m'annoncent qu'il fait un froid polaire la nuit et que l'étape qui nous attend demain sera de loin la plus dure du trek (mais je ne vais pas vous en dire plus pour l'instant! Suspense!). Ils lèvent le camp immédiatement pour aller dormir a Thangsing.
L'équipe a déjà monte notre grande tente verte, pas le choix car il n'y a pas de refuge ici. Ils nous ont installés sur un véritable champ de mines caillouteux et en pente, on exige de déplacer la tente sur un autre endroit plus "confortable".
Le confort... Cela fait 4jours qu'on ne s'est pas douches (on utilise quand même quotidiennement des lingettes pour bébés). Le cours d'eau est suffisamment abondant pour y plonger les pieds voire plus si affinités. Le ciel se couvre vers 15h. Il devient impensable de mouiller une quelconque partie de mon corps avec de l'eau glacee des montagnes. Je file dans mon duvet comme tout le monde. On commence a avoir de sacrees gueules de romanos. J'ai une barbe effroyable que je garderai en l'état jusqu'à Dimanche 19 (ca va nécessairement s'aggraver en fait) histoire de faire peur a mes collocs. Yeti style.
Comme je n'arrive pas a lire ou dormir je sors me degourdir les pattes puis me dirige vers la tente des sikkimais. Jusqu'à présent, ils dormaient entassés dans les sales communes des refuges. Leur "tente" qui sert également de cuisine est une simple bache beige posée négligemment sur un mat qui n'a rien de vertical. Afin d'éviter que trop d'air ne circule, des pierres maintiennent l'extrémité de la bache plaquée au sol. Le guide est dehors en train de discuter avec d'autres jeunes, puis me rejoint. Je lui demande ou va dormir toute l'équipe (ils sont 6 et leur tente est plus petite que la notre). Il est hilare quand il désigne la tente et m'invite a entrer. 4 personnes sont déjà accroupies a l'intérieur. Il y a quelques couvertures posées a même le sol humide, mais il y fait chaud. Uncle prépare le repas du soir. Ustensiles et ingrédients sont répandus absolument partout. On m'offre un the au gingembre. Je me cale dans un coin a l'entrée et j'observe le va-et-vient permanent des légumes eminces, des épices, de l'eau chaude. La porte s'ouvre de l'extérieur, on me tend une casserole avec des lentilles crues lavees, je la transmets a l'assistant, le chef lui donne de brèves indications pour qu'il prépare le dal. Arrive le moment du repas, la chaleur et l'odeur de nourriture et de kerozene m'ont un peu coupe l'appétit. J'ai sérieusement mal a la tête alors je ne mange pas grand chose et je file me coucher, tout habille. Il est 20h et il meule sévèrement.
Planning de demain, réveil a 3h du matin (bobo!!!) pour atteindre le col du Goecha La, ultime étape d'ascension de notre trek pour atteindre 4920m et s'offrir une vue imprenable sur le K3; puis redescente a Lamune. Compte tenu des conditions extrêmes a Lamune, nous essaierons de prendre un jour d'avance sur le planning en descendant a Kochurung pour y passer la nuit.
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mercredi, octobre 15, 2008
10 Octobre - Acclimatation day at Dzongri
Stephane N me suit, les autres grognent qu'ils veulent rester dormir. On se couvre bien, et on se lance dans la nuit sur le chemin du view point, les lampes torches vissees sur le bonnet. On voit déjà bien les étoiles, le ciel est clair, c'est prometteur. Le chemin grimpe pendant 1h jusqu'à 4200m sur une colline toute proche et permet théoriquement d'embrasser toute la chaîne montagneuse locale d'un coup d'oeil. Plusieurs dizaines de personnes sont déjà installées la haut, au milieu de drapeaux sikkimais multicolores représentant chacun une prière.
Nous sommes enfin chanceux : le soleil se lève sur l'Himalaya et la visibilité est excellente. La vue est grandiose, nous nous trouvons au centre d'un gigantesque cirque, entoure de cimes blanches et de crêtes noires. Le mont Kachendzonga, troisième sommet le plus haut du monde (le K3) domine majestueusement le décor du haut de ses 8500m. Il y a beaucoup plus de neige et de glaciers que je ne l'imaginais. La lumière rose, puis orange, jaune et enfin blanche anime le panorama, révélant progressivement les détails géologiques de chaque sommet par ordre de taille decroissant. Nous restons hypnotises une demie heure environ, mais le froid est vif sans activité physique soutenue.
A 7h30, les premiers nuages apparaissent, a 8h tout est recouvert de brume. Une leçon a retenir : l'avenir appartient au trekker qui se lève tôt.
Nous passons le reste de la journée sous la tente, a discuter avec d'autres voyageurs, a lire, a dormir. Les trois français de la veille (Silvert, Lilly et Sissy) ont décidé de rebrousser chemin, il fait trop froid ici pour eux et ils n'ont pas l'équipement adapte. Pour illustrer le genre de froid qu'il fait, il est impossible de lire dans la tente dans l'après midi sans mettre des gants... Et pas facile de tourner les pages avec les moufles en laine.
Les deux qui sont restes dormir sont plus demotives que jamais, Steph B se demande même s'il ne va pas suivre les français... L'ambiance est morose. Quant a moi, la balade matinale exceptionnelle m'a gonfle a bloc pour la suite !
Cette nuit nous dormons dans le refuge (on s'est arrangés pour avoir de la place), dans lequel nous sera servi un excellent repas, conclu par un petit verre de rhum local. Demain, départ tôt a 5h pour Lamune. Espérons que le beau temps sera enfin avec nous.
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mardi, octobre 14, 2008
9 Octobre - 2eme jour de trek. Tshoka a Dzongri
Petit dej a 7h et départ pour Dzongri, situe a 3900m. Temps moisi, nuages bas, crachin. Génial. Le chemin, boueux mais souvent recouvert de planches, monte sérieusement tout du long mais n'a rien de difficile. Rien a retenir de particulier lors de ce passage dans la forêt embrumee et recouverte de mousse. Arrivée a Dzongri en début d'après midi. Ce n'est rien de plus qu'un campement, avec deux refuges et des toilettes publiques. Il ne pleut plus mais le temps est toujours couvert : il pele a mort, on est clairement en dessous de zéro, et il est 14h ! En plus nous n'avons pas de place dans le refuge : ce sera la tente. Bref, malgré le super repas du soir de notre supercook, les gars sont dépités, frigorifies et amorphes.
Nous avons rencontres 3 français dans l'après midi, Seb et moi irons discuter dans leur tente jusqu'à 21h (heure exceptionnellement tardive pour le lieu!).
Demain nous restons a Dzongri pour nous acclimater a l'altitude, réveil a 4h du matin pour rejoindre le "point view" si la météo et la forme physique le permettent.
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8 Octobre - 1er jour de trek - Yuksom a Tshoka
Après le petit déjeuner, nous faisons la connaissance de 2 porteurs supplémentaires : des dzos. Les dzos sont des bovins domestiques adaptés au climat local, issus d'un croisement entre une vache et un yak. Ils transportent tout ce que les sherpas ne pourront pas prendre, et sont menés a la baguette par le dzo pilot. Les chevaux et les poneys sont eux aussi utilisés. Nous les baptisons rapidement dzo le taxi (c'est sa vie) et minidzo (parce qu'il est petit).
L'étape du jour consiste a rejoindre Tshoka, située a 2900m. Nous partons vers 9h, ce qui (comme nous ne tarderons pas a l'apprendre) est un peu tard pour le coin. Nous ne portons nous même qu'un petit sac a dos permettant de stocker le strict minimum : polaires, kways, gourdes, appareils photos... Le reste est solidement sangle sur le dos des dzos.
Il fait un temps légèrement pluvieux, nous marchons sur des sentiers humides dans la forêt pendant quelques heures. Aucune difficulté particulière. Nous nous arrêtons pour déjeuner dans une cabane déjà prise d'assaut par les autres randonneurs. Notre cuisinier (alias cook ou uncle) fait des merveilles sur un si petit périmètre. Il est interdit de faire des feux de camp dans le Sikkim, donc il cuisine avec une sorte de petite gaziniere alimentée par du kerozene (cet élément prendra tout son sens plus tard). Nous prenons notre premier et copieux déjeuner dans la pluie et le froid. La reprise de la marche est plus difficile, un belle ascension, suivi d'une descente vers un pont, suivi d'une très longue montée. Le tout sous la pluie et les nuages, sans aucune visibilité. Arrivée au refuge de Tshoka vers 17h, a la nuit tombante. Nous avons marche 6h30. Steph B est explose. Il parle d'abandonner ici. On le charie un peu car il a du acheter 1500€ de matos pour ce trek, des chaussures au bonnet (je vous ferai un inventaire au fil de l'eau, c'est dément). Les gars ont le moral dans les chaussettes a cause de la fatigue; la pluie battante et le froid n'arrangent rien. De mon cote, j'ai plutôt la forme, et je tente (vainement il me semble) de communiquer mon enthousiasme. Changement de tactique, je demande au guide quelle est la boisson locale. Le Sikkim est réputé pour être la province de l'Inde spécialisée dans l'alcool. C'est du millet fermente (cela ressemble a des grains de moutarde a l'ancienne) servi dans un large bambou qui nous est apporte. Il faut remplir régulièrement le bambou d'eau chaude puis boire a l'aide d'une paille. Ce n'est pas très raffine, on dirait du sake, mais ca réchauffe ! Les deux Stephanes n'y touchent pas trop. Seb et moi on s'attaque sérieusement au sujet et l'effet attendu se produit.
Dans la foulée le cook nous offre un repas aux chandelles gargantuesque : pas moins de 8 plats vegetariens différents, dont les incontournables soupe, riz et dal (sorte de soupe de lentilles). Un régal !
Nous passerons la nuit dans une des chambre refuge (vu la pluie battante, nous avons abandonne l'option tente), sur un simple tapis de sol, dans de gros duvets en plume. Demain, 1000m de montée nous attendent pour rejoindre Dzongri.
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6 et 7 Octobre - Gangkok
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Mon téléphone sonne. Il est 9h. C'est Seb.
- T'es ou, on arrive a Gangkok!
- Je ne sais pas... Chez l'habitant.
- (Silence) Ok, on t'appelle quand on est a l'hôtel.
Quelques minutes, après un the et une douche froide, j'ai repris mes esprits et je suis prêt a les rejoindre.
Il y a eu un gros orage cette nuit et du vent partout dans l'appart, mais la température est clémente et une petite couverture a suffi.
Nouveau coup de téléphone, ils sont arrivés a l'hôtel Pomra. Sajit m'accompagne, on monte dans un minuscule taxi qui grimpe dans les hauteurs de la ville. Gangkok est la plus grande ville de l'est du Sikkim, 50000 habitants, bâtie entre 1400m et 1700m, un peu comme La Paz, avec de toute petites ruelles qui serpentent en tous sens. On s'arrête pour continuer a pied quelques minutes a travers des dedales d'escaliers puis on reprend un autre taxi qui grimpe encore pour atteindre l'hôtel. Les retrouvailles sont chaleureuses. Je pose mes affaires, on prend un the, ils me racontent leurs récentes mésaventures de train ainsi que le détail de leur périple via Agra, Benares, Patna et Siliguri.
La journée se déroule de la façon suivante : casser la croûte en ville, parler du trek avec Sajit, boucler l'avion du retour sur Delhi, se balader en centre ville et dans le petits marches locaux. Le soir, apero et resto au "Tangerine". Je découvre l'incroyable finesse et diversité de la cuisine indienne. Le repas est dément : tandoori de poulet et poisson, momos (sortes de raviolis chinois), cheese nams, et j'en passe. La bière locale coule a flots.
Nous enterinons le programme du trek, avec pour objectif un départ le 8/10. Retour a l'hôtel sous la pluie avec la lampe torche, douche (chaude!) et dodo. Le lendemain, on boucle nos affaires pour effectuer le transfert a Yuksom. Sajit a réussi le pari d'organiser un trek de 8jours en moins de 24h. Il vient nous chercher a l'hôtel, on repasse chez lui charger le 4x4 et on file a l'ouest pour 4h de trajet.
Sur le chemin, rizières a gogo, vallées verdoyantes, pluie par intermittence. Superbe arc en ciel sur les rizières. Stephane commente "Ils sont pas cons les arcs en ciel quand même, ils choisissent souvent les bons endroits. J'en ai jamais vu au dessus d'une barre d'immeuble du 93." On s'arrête pour déjeuner a mi-chemin dans une gargotte située a quelques mètres de la maison des parents de Sajit, ce qui m'offre l'occasion de les remercier une fois de plus.
Arrivée a Yuksom de nuit sous la pluie battante. Milk tea, dîner, rencontre avec l'équipe : un guide, un cuistot, un "Dzo pilot" (j'expliquerai plus tard le concept) trois assistants (en gros : des porteurs, assistants cuisine et vaisselle, hommes a tout faire). Toilette sommaire et au lit tôt ! On attaque demain !
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mercredi, octobre 08, 2008
INDE
au moment où je tape ces lignes je ne suis pas sûre qu'elles vont s'inscrire et que tu pourras les lire. Alors je fais un essai et si ça marche je serai plus longue la prochaine fois.
Sois prudent - je te fais pleins de gros bisous
mardi, octobre 07, 2008
Arrivée 5 Octobre - Le jour le plus long - 19h30 - 0h30
Après 2h de route, il annonce qu'on traverse son village natal et qu'on dinera chez ses parents. Cela fait environ 24h que je n'ai rien mange de chaud. Malgré la fatigue, un peu atténuée par la curiosité de l'inconnu, je crève de faim. Je suis un peu gêné par la situation, mais je fais rapidement voler en éclats tous les principes de précautions élémentaires (maman, désolé pour ce qui va suivre) : je bois l'eau qu'on me sert (chaude, donc présumée bouillie?) et je me jette sur la nourriture (vegetarienne et epicee) sans autre forme de procès. Je ne pousse pas le vice jusqu'à manger avec les doigts comme mes hôtes. Rassasie, enchanté par l'accueil de ces charmants indiens (parents, frères et soeurs, nièces) nous quittons leur demeure et regagnons le 4x4 pour la suite et fin du trajet vers Gangkok. Sajit me propose de dormir chez lui. A ce stade, refuser serait tout bonnement irrespectueux. J'accepte humblement. Le ventre plein, envisageant enfin l'avenir sereinement, je m'endors dans la voiture. Je suis réveillé par les lumières de la ville, nous arrivons enfin chez Sajit, vers minuit.
Le temps de poser mes affaires et me brosser les dents, 40h après avoir quitte mon lit parisien, je retrouve enfin un autre lit... ou plutôt une simple planche en bois munie d'un drap... Je m'endors instantanément a son contact.
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Arrivée 5 Octobre - Le jour le plus long - 11h30 - 19h30
Dans le hall ou l'on récupère les bagages, je repère des européens. Je cherche spécifiquement ceux qui auront un look de trekker, chaussures de marche, matos technique, bâtons de marche. Il y a peu de candidats. J'adresse un sourire a un grand type avec une bonne tête, il me le rend. Je lui demande s'il va dans le Sikkim ? Yes ! Il va dans l'est a Gangkok ? (le seul endroit que je connais, point de rdv avec Seb et les 2 Steph) Non, dans l'est a Yuksom. Je ne sais même pas ou cela se trouve... Je n'ai pas de carte. Je lui propose de partager un taxi au moins jusqu'à Siliguri. Il me répond qu'il est ok, mais comme il est dans un trek clés en main, il faut aussi demander a son organisateur. Je prends le risque. L'organisateur en question est un sikkimese (indien du Sikkim) bien cool du nom de Sajit. Il est ok, c'est un début. Je pense a maman qui serait folle de savoir que je fais des trucs pareils, comme dans Pékin express...
Je monte dans le 4x4. Le grand mec est un allemand du nom de Ulf, accompagne de son amie suisse. Il y a aussi un chauffeur et leur guide. On roule vers Siliguri et c'est le grand capharnaüm, klaxons permanents, piétons vaches, routes défoncées, ponts qui enjambent le Gange, immense. En chemin j'evalue les possibilités : m'arrêter pour dormir ou attendre mes potes a Siliguri me parait peu adapte pour le voyageur fatigue que je suis. Comme l'ambiance est sympa dans la voiture, après quelques dizaines de minutes, je leur annonce que je ferai le chemin avec eux jusqu'à Yuksom pour dormir la bas (même si je ne sais pas ou cela se trouve, c'est un point de départ de trek... donc théoriquement attractif). Nous aurons le temps de faire connaissance (6h de route) et je communiquerai mon nouvel itinéraire a mes amis.
Une fois Siliguri traversée, nous penetrons dans une forêt qui grimpe vers les contreforts de l'Himalaya. Des parfums floraux et de sous bois s'imposent enfin sur l'activité humaine. Il fait plus frais et je respire enfin la nature. Mon moral est au top ! Sur la route, nous croisons des petits villages qui sentent l'encens, des singes a l'affût de quelque banane qui tomberait du camion, des forêts de bambous, des ponts suspendus... Et nous atteignons le minuscule poste frontière du Sikkim ouest (photo ci dessous).
Je présente mon passeport + visa, le garde inscrit mon nom sur la liste, qui ne comporte que 15 noms a 14h de l'après midi ! Autant dire que le coin est paume. Nous roulons encore plusieurs heures a flanc de montagne, de vallée en vallée sur des routes ou de simples pistes. La nuits tombe vite, vers 17h. Nous serons a Yuksom a 18h. Le coin est vraiment isole : a partir de ce point il n'y a plus de voie carrossable, tout simplement. A l'hôtel ou sont hébergé l'allemand et la suisse, on m'offre le the. L'organisateur leur donne les derniers détails. Il va ensuite faire la route de nuit (4h) vers Gangkok. Je demande a Sajit si je peux faire la route avec lui, car mes amis auront probablement des difficultés a me rejoindre ici. Il accepte avec plaisir, nous repartons vers 19h30. Il fait nuit noire.
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lundi, octobre 06, 2008
Arrivée - 5 Octobre. Le jour le plus long. 0h30 - 11h30
A 3h, les comptoirs ouvrent, je m'y rends et je me fais refouler illico : attendre 7h du mat pour mon vol. Je suis épuisé, je vais tenter de dormir un peu dans les halls intérieurs, aux sièges a peine plus confortables. Je regrette sérieusement mon idée de nuit a l'aéroport tout seul. Je m'accroche a mes sacs et je serre les dents, alors que le bruit ambiant est théoriquement insupportable : les gens, les annonces qui commencent par le sempiternel "ladies and gentlemen may I have your attention please", les carristes qui enchaînent inexorablement leur travail d'empilage, les techniciens de surface et leurs machines archaïques infernales.... Les néons finissent le travail en agressant mes yeux rougis. Je sombre.
Pour me réveiller en sursaut quelques minutes plus tard parce qu'un enfant sur le banc derrière moi a pose sa main sur mon épaule en jouant. Je reprends mon livre, je lutte, je craque. Et je me réveille au premier claquement, cri ou événement qui s'ecarte un tant soit peu du brouhaha général auquel j'ai fini par m'habituer. Le schéma se répète plusieurs fois et il est enfin l'heure de s'enregistrer pour mon vol pour Baghdogra. Pas de souci particulier sauf que mes yeux se ferment tous seuls. Décollage a 9h15, cela fait 25h sans vrai repos, et ma précédente nuit n'avait pas dure beaucoup plus de 3h. Je me cale contre le hublot et degaine mon coussin de voyage. Une pensée m'assaillit soudain : que vais je faire une fois a destination ? J'avais un peu trop compte sur les potes pour organiser la suite et je n'ai aucun plan de secours. Je ne connais rien de Baghdogra si ce n'est qu'elle est située a 10km de Siliguri. Évidemment je n'ai ni le Lonely planet ni le Routard ce serait trop simple (faut pas deconner non plus). Bref, comme on dit par chez nous ce sera a la bite et au couteau, avec l'Amex en dernier recours. L'atterrissage est dans 2h, le temps d'une 'vraie' sieste qui devra impérativement me porter conseil. Je sursaute quand l'avion touche le tarmac. Il est 11h30.
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Arrivée - 5 Octobre. Le jour le plus long. 0h - 0h30
Un chauffeur de taxi m'aborde, je lui demande le prix pour aller a l'aéroport domestique. Je ne négocie même pas la course et je monte en voiture. Ils sont deux et ils commencent a me poser trop de questions. Je leur explique que j'ai l'intention d'attendre la nuit a l'aéroport plutôt que de prendre un hôtel. Ils commencent par me dire qu'ils connaissent des hôtels pas chers a Delhi. Je refuse poliment. Puis ils me demandent ma compagnie aérienne et affirment qu'il me faut impérativement un billet 'papier' et qu'il n'y en a qu'a l'agence de Delhi. Je refuse fermement. Je commence un peu a paniquer parce que ces gars ont l'air louches (le faute a ma mère qui m'a raconte des histoires de coupes gorges pas possibles en Inde je pense...), ils finissent par me dire que l'aéroport est ferme a cette heure la. Je dis que je veux le voir de mes propres yeux et qu'il est hors de question d'aller ailleurs. Je cherche les panneaux du regard et vérifient qu'ils m'emmènent bien au bon endroit. Dernier coup de bluff a 200m ou ils me disent que des travaux empêchent l'accès au terminal. Je suis a deux doigts de sauter du taxi mais mon sac est dans le coffre. Alors j'insiste un peu en blaguant sur le fait qu'un route cabossee n'a jamais arrêté un indien en voiture. Et j'arrive enfin a me sortir d'affaire.
Je suis devant l'aéroport domestique. Il est 0h30. Mon vol est dans 8h45, il va falloir s'armer de patience.
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Départ - 4 Octobre
Paris, réveil a 4h45 pour le 1er RER B a 5h25. Premier constat, 3h15 de sommeil ca fait peu (il a fallu boucler le sac a dos la veille, en urgence). J'espère me rattraper en siestant dans l'avion.
Le vol Paris - Helsinki se passe nickel. Il fait moche a Helsinki, l'aéroport tout petit, je mange un mauvais sandwich dans le hall, hésite a me mettre une petite pinte de bière, mais seul c'est glauque. Je renonce.
J'attends ma correspondance au milieu des familles indiennes. C'est déjà un peu la foire.
Le vol Helsinki-Dehli est plus long et plus bruyant, mais il ya suffisamment de place pour allonger les jambes, j'arrive a dormir un peu.
Arrivée a Delhi vers 23h30 heure locale, allumage de tel et première (mauvaise) surprise: mes potes ont un problème de train a Varanasi. On annonce 9h de retard. Concrètement, cela signifie que je dois les attendre au moins 12h a Siliguri... Une gare bien miteuse dans un coin bien recule. De toute façon, il fallait s'y attendre. C'est l'Inde.
Je passe les douanes, récupère mon sac a dos, et je m'apprête a sortir de l'aéroport. Il est minuit et je suis claque. Mais le plus dur est a venir : affronter la chaleur étouffante et la foule.
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