
Nuit salvatrice. Petit déjeuner logique dans le wagon restaurant et départ pour the whisky trail! (la route du whisky). J'annonce de suite que ce post risque fort d'ennuyer ceux qui detestent le scotch single malt!
Les premières distilleries que nous croisons sont Glenmorrangie après Tain, puis Dalmore et Teaninich a cote d'Alness. On vise d'abord Balblair, parce que les managers que l'on avait rencontre au whiskylive en 2006 étaient sympas. Nous filons droit au village eponyme près de la pointe de Blackisle. Après avoir tourne une heure, interroge les habitants incrédules, nous regardons sur internet l'adresse qui se situe en fait a 40km au Nord a Edderton près de Tain. Grosse frustration. Ca commence mal, car nous ne ferons pas demi tour. Nous nous dirigons prestement dans le Speyside, région ou la concentration de distilleries au mètre carre est inégalée. Nous passons a proximité de Benromach et Dallas Dhu, a Forres a l'est d'Inverness. Puis Glen Moray, l'embouteilleur indépendant Gordon & McPhails a l'entrée d'Elgin. Nous prenons la direction de Dufftown, capitale du whisky.
Quelques km après Elgin, nous croisons la distillerie Benriach dont la renommée est grandissante. Pas de parking pour les touristes, pas de boutique, juste un bureau réservé aux professionnels. Nous sortons quand même de la voiture et rencontrons le boss. Il nous explique qu'il n'y a pas de visite organisée mais que nous pouvons nous promener et regarder. C'est un bon début. Nous entrons dans la salle de maltage, aire ou l'orge est traditionnellement disposee a meme le sol puis arrosee afin de germer. La salle est vide, tout comme le kiln, four mitoyen qui permet le séchage de l'orge maltee et dont le toit est souvent en forme de pagode. Nous rencontrons enfin un jeune ouvrier a l'allure sympathique dans la salle d'embouteillage, il nous conduit a son chef, un maître distillateur. Ce dernier, souriant, nous explique avec un très fort accent Ecossais qu'il a une demi heure de libre. Il nous en consacrera plus du double. Tout y passe, depuis le broyage de l'orge, son mélange dans l'eau de source locale et son chauffage par étape dans les mashtuns (4 cuves aux températures différentes chez Benriach) pour transformer les sucres lents en glucose, puis la fermentation a l'aide de levures dans les washbacks et enfin la distillation dans les stills (les gros alambics en cuivre) dont les jeux de va et vient sont particulièrement élaborés pour séparer et reinjecter les diverses parties du distillat. Nous goutons au produit a tous les stades de sa fabrication pour en contrôler la qualité. Le mélange initial chauffe a 65 degrés ressemble a une soupe sucree un peu farineuse, le mélange fermente a 8÷ a une forte bière acidulee, les vapeurs condensees et refroidies de distillat a 25÷ directement sorties de l'alambic et enfin le 'new make' a 68÷ dont les qualités gustatives sont déjà très intéressantes (goût fruité et malte).
Dans la minuscule salle d'embouteillage (plus de 80÷ de la production est réservée a J&B et autres blends....), nous goutons a deux cuvees déjà réduites qui seront prochainement mises en bouteille après filtrage. L'une est a dominante sherry pour le marche américain qui aime les whiskies a robe sombre, l'autre est tourbee pour répondre a une forte tendance actuelle. Case et moi sommes très enthousiasme par le second, qui présente un profil fruité / tourbe assez atypique.
Pour notre plus grand bonheur, la visite improvisée ne s'arrête pas la et passe par les chais. Ceux ci sont frais et sombres, il y règne une délicieuse odeur vineuse et boisée. Notre hote décide d'ouvrir directement 3 fûts qui vont se révéler a la fois exceptionnels et très différents. Un 77 barolo finish, incroyablement fruité frais et délicat avec une finale interminable. Un 91 sauternes finish, plus mielleux, cireux, capiteux mais néanmoins équilibré. Et pour couronner le tout un 76 dans la lignée des Signatory Vintage qui ont mis en orbite Benriach en tant que single malt. Un mélange harmonieux de fruits exotiques, d'odeurs organiques (étable ou ferme) sur fond de tourbe. Aucun arome ne domine l'autre, tout s'imbrique parfaitement. Le distillateur a le sourire aux lèvres, il nous confie que nous avons goûte a son trio préféré. Il nous salue humblement car il doit retourner travailler. Il aime son job, c'est évident. En quittant les lieux sans même pouvoir acheter un souvenir faute de boutique, nous prenons conscience de notre incroyable coup de chance.
Nous essayons de réitérer l'exploit un peu plus loin chez Longmorn mais nous essuyons un poli mais ferme refus. Enfin, nous avons au moins pénétré l'édifice et admire la salle des alambics ou règne une chaleur torride de 45 degrés.
Comme l'heure tourne, nous prenons une option sure en filant vers Dufftown pour visiter Glendfiddich, tout simplement le single malt le plus vendu au monde. La visite est gratuite, agréablement rythmée, plutôt complète, en français et surtout agrémentée d'un verre de 12 ans au nez caractéristique de poire.
Petit tour a la boutique et dans le centre ville de Dufftown avant de filer droit au sud pour pas moins 6h de route, vers Doncaster (a l'Est de Manchester) ou habite un pote de Case. Nous arrivons chez Jullian vers minuit, avec la bénédiction du GPS de mon Blackberry. La conduite de nuit sur les mauvaises routes et autoroutes anglaises nous a épuisés.
Nous avons parcouru 935km et pris un peu d'avance sur le planning de retour.
Demain la France, l'eurotunnel ne situe plus qu'a 425km d'ici.
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Venez visiter ma cacteraie !




