Préparation habituelle. En serrant mes chaussures de rando je crois casser un lacet. En fait il s'agit uniquement de la membrane externe de celui-ci, les cordons a l'intérieur ont tenu bon. Le conseil du vieux trekker au vieux campeur : acheter une paire de lacet supplémentaire quand on part plusieurs jours...
Départ 8h30. Le chemin, au lieu de remonter vers Dzongri comme a l'aller coupe a flanc de montagne, dans la forêt, sans tendance a monter ou descendre. A 11h, pause déjeuner. Cela fait 6 jours qu'on ne mange que végétarien. Enfin presque, le chef nous a fait des fish momos avec des sardines en boite il y a 2jours. Pas franchement convaincant. On parle de viande sous toutes ses formes, du festin qu'on fera a Yuksom (poulet), Delhi (agneau) et Paris (boeuf). Cette discussion m'a mis l'eau a la bouche et je propose qu'on essaie d'acheter un poulet vivant en arrivant ce soir a Tshoka, le cook le préparera. J'en parle au guide, il traduit a Uncle. La conclusion est que c'est parfaitement faisable, moyennant quelques roupies. Après 1h de route nous tombons sur un embranchement connu. C'est le lieu ou nous avons déjeuné en allant a Dzongri. A gauche, le chemin recouvert de planches qui mène a Tshoka. Le décor est nettement moins ennuyeux par beau temps.
Nous arrivons a Tshoka ou par miracle il ne pleut pas. Sous cet angle, c'est un village sympathique avec un peu d'animation. Seb et moi, un peu en avance sur le peloton, inspectons les fermes environnantes pour dénicher le poulet qui fera notre bonheur pour le dîner de ce soir. On en repère quelques uns bien gros. On savoure une bière en terrasse également. Quand l'équipe arrive, elle nous annonce que ce soir nous ne dormirons ni au refuge ni sous la tente, mais dans un lodge avec de vrais lits ! Ok, il n'y a toujours pas de douche mais c'est déjà une belle satisfaction. En outre, un porteur est alle acheter le volatile de nos rêves. Un joli poulet blanc de taille moyenne. Ca fera l'affaire ! :-)
Nous découvrons notre chambre, siestons un peu, lisons, puis décidons de faire un petit tarot dans la salle commune. Vers 17h, les sikkimais nous apportent le millet ! Ils ont décidé de nous gâter ce soir. Je fais bien sur honneur a la réputation française.
Le repas arrive vers 18h30, on nous sert des boulettes frites dans lesquelles nous discernons un goût de volaille. Un frisson parcourt la tablée. Se peut il que le chef ait craqué son tablier pour nous servir de vulgaires nuggets ??? Alors que nous revions d'énormes bouchées de viandes comme dans tout banquet gaulois digne de ce nom ?? Je fais la gueule. Jusqu'à ce qu'on me serve finalement l'animal découpé en petits morceaux, dans une sauce qui me rappelle une basquaise en plus relevé. Le poulet fermier élevé a 3000m, c'est un truc robuste !! Alors que le repas touche théoriquement a sa fin (il n'y a pas de véritable dessert en Inde) toute l'équipe nous rejoint dans la salle avec un joli gâteau au chocolat sur lequel est écrit "Happy trek". (Je n'ai aucune idée de la façon dont ils s'y sont pris pour faire un gâteau de type 4-quarts et son nappage avec un simple réchaud.) Ils entament alors de joyeux chants népalis, et certains d'entres eux dansent. L'instant est touchant, c'est notre dernier soir et nous avons passe une semaine entière a leurs cotés. Ils ont toujours été a l'écoute, disponibles, serviables malgré la barrière du langage. On commençait a peine a les connaître finalement. Je sais qu'ils vont me manquer quand ce sera fini.
Demain, retour a Yuksom.
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Tshoka, sous la pluie, comme d'habitude !
Venez visiter ma cacteraie !
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