3h du mat, on tape a la porte de la tente. Pour changer, je suis réveillé depuis déjà 2h. La faute a une grosse envie de pisser vers 1h du mat, double d'une vieille flemme de sortir et de me les cailler. J'avale un Doliprane (bobo Larson!), et j'enfile mes chaussures, bonnet et gants (achetés respectivement et fort judicieusement a Gangkok et Yuksom) pour le reste je suis déjà habillé... Steph B ne vient pas, il l'a annoncé hier, il est trop fatigué. Steph N a une grosse bronchite depuis hier mais décide de se bouger. Seb vient aussi. Je n'ai pas bien mangé ni dormi, je ne me sens pas au top, mais il est hors de question que je reste a Lamune. L'honneur de la famille Ramos est en jeu.
On prend le départ a 3h30 avec deux guides. Ils ont enfin compris qu'on était un groupe a deux vitesses : les Steph B et N (que j'ai respectivement baptisés "le pachyderme" et "le panda rouge du Sikkim", rapport a leur vélocité et leur teint halé) et les autres (Seb et moi, aka "the french sherpa" and "the black Yeti"...)
Nous foncons dans la nuit glaciale, armes de nos lampes torches. Nous enjambons quelques ruisseaux et entammons une première grosse ascension. L'écart avec Steph N et le guide (toujours boiteux) se creuse immédiatement. Au bout d'une heure et demie de grimpette, nous atteignons le 1st view point, qui selon mes estimations s'élève a 4600m. On souffle un peu mais il fait tellement froid (-15C) que nous ne nous attardons pas. Le soleil n'est pas encore levé, et il faut descendre du view point 100m en contrebas vers une sorte de plateau. C'est raide et peu technique : un pierrier bien friable, de nuit. Des passages filent un peu le vertige a Seb, moi j'avance sereinement. Le plateau que nous atteignons s'avère être une sorte de vallée de la mort glacée au sable blanc. Une fois ce long plateau traversé nous abordons une deuxième ascension, qui visuellement semble plus courte (le soleil s'est levé mais n'eclaire pas encore la vallée) et qui est nettement plus douce. Je fais quelques dizaines de mètres de cote, et assez brusquement je sens une immense lassitude, les jambes lourdes comme du plomb, la vue qui se trouble, la trajectoire plus vraiment maîtrisée... Je me retourne et je vois Seb a la peine également. Crise d'hypoglycemie, j'ai pris du Crunch a Paris (Dédicace aux collocs ;-)) Seb a des biscuits. On se réservera le chocolat pour la fin. Alors que nous reprenons l'ascension au ralenti comme deux zombies, que la situation est plus dramatique que comique, nous prenons un vieux fou rire d'ivrognes. On s'exhorte mutuellement pour se donner du courage, on rit l'un de l'autre de se voir en pareil état, et finalement on atteint laborieusement le deuxième "view point" d'ou l'on peut voir un joli lac en contrebas... View point... alors qu'on croyait enfin atteindre le col de Goecha La ? Le GPS (Dédicace au Gozier) indique que nous sommes a 4920m. Cela fait 3h30 qu'on marche.
On prend le départ a 3h30 avec deux guides. Ils ont enfin compris qu'on était un groupe a deux vitesses : les Steph B et N (que j'ai respectivement baptisés "le pachyderme" et "le panda rouge du Sikkim", rapport a leur vélocité et leur teint halé) et les autres (Seb et moi, aka "the french sherpa" and "the black Yeti"...)
Nous foncons dans la nuit glaciale, armes de nos lampes torches. Nous enjambons quelques ruisseaux et entammons une première grosse ascension. L'écart avec Steph N et le guide (toujours boiteux) se creuse immédiatement. Au bout d'une heure et demie de grimpette, nous atteignons le 1st view point, qui selon mes estimations s'élève a 4600m. On souffle un peu mais il fait tellement froid (-15C) que nous ne nous attardons pas. Le soleil n'est pas encore levé, et il faut descendre du view point 100m en contrebas vers une sorte de plateau. C'est raide et peu technique : un pierrier bien friable, de nuit. Des passages filent un peu le vertige a Seb, moi j'avance sereinement. Le plateau que nous atteignons s'avère être une sorte de vallée de la mort glacée au sable blanc. Une fois ce long plateau traversé nous abordons une deuxième ascension, qui visuellement semble plus courte (le soleil s'est levé mais n'eclaire pas encore la vallée) et qui est nettement plus douce. Je fais quelques dizaines de mètres de cote, et assez brusquement je sens une immense lassitude, les jambes lourdes comme du plomb, la vue qui se trouble, la trajectoire plus vraiment maîtrisée... Je me retourne et je vois Seb a la peine également. Crise d'hypoglycemie, j'ai pris du Crunch a Paris (Dédicace aux collocs ;-)) Seb a des biscuits. On se réservera le chocolat pour la fin. Alors que nous reprenons l'ascension au ralenti comme deux zombies, que la situation est plus dramatique que comique, nous prenons un vieux fou rire d'ivrognes. On s'exhorte mutuellement pour se donner du courage, on rit l'un de l'autre de se voir en pareil état, et finalement on atteint laborieusement le deuxième "view point" d'ou l'on peut voir un joli lac en contrebas... View point... alors qu'on croyait enfin atteindre le col de Goecha La ? Le GPS (Dédicace au Gozier) indique que nous sommes a 4920m. Cela fait 3h30 qu'on marche.
Alors qu'il reste 500m a peine de distance a parcourir, que l'on voit le col en face derrière une cuvette, Seb fait sa petite crise. Il se plaint que le guide n'a pas prévu de quoi se restaurer, qu'il est crevé, et que sans ses gâteaux on serait mort dans la cote et que c'est inadmissible etc. Coup de colère du a la déception de ne pas encore en avoir termine. Je me marre. Il redémarre d'un pas rageur et décidé, l'orgueil pique au vif. Pour s'arrêter net devant la cuvette, dubitatif. Celle-ci est recouverte d'une couche de neige vierge, seuls quelques rocher émergent des parois. Nous n'avons ni crampons ni piolets, il va falloir se frayer un passage sur une cinquantaine de mètres pour atteindre une portion rocailleuse qui mènera au col. Le guide ouvre la voie, je marche dans ses pas, Seb est a la traîne et semble avoir un peu le vertige. Le guide revient en arrière pour mieux lui dégager la voie, a l'aide d'un bâton. J'ai une sorte de montée d'adrenalyne et je ne m'occupe plus que d'une chose a présent, atteindre le col le plus vite possible. Lorsque celui-ci est enfin a ma portée, je finis les derniers mètres quasiment en courant dans la neige, et je fête l'atteinte de ce lieu, apogée du trek, dans un hurlement sauvage et libérateur.
Finalement, je rebrousse chemin avec mes deux acolytes vers 8h. Dzo pilot nous attend au 2nd view point avec du jus de fruit et des beignets (froids évidemment). Quelques minutes plus tard, Stephane N et Moncal arrivent au 2nd view point, Steph est exténué. Il manque de tomber a la renverse en s'asseyant sur une pierre, a bout de souffle. Tout le monde rigole. On redescend le plus rapidement possible vers Lamune, le soleil nous accompagne et nous crame la peau, il nous aura fallu 7h aller-retour (8h30 pour Steph N qui a explose a la fin, dormant même quelques minutes dans la vallée de la mort!). Seule notre petite équipe aura fait le Goecha La aujourd'hui. Repas puis sieste a Lamune. Bouclage des sacs et direction Kochurung, pour 2h supplémentaires de descente. 9h de marche avec un gros rythme m'ont chauffé les pieds. Heureusement, la nuit au refuge et le dîner d'Uncle seront salvateurs. Demain, redescente vers Tshoka.
Ci dessous les dzos !
En extra, le conseil du vieux trekker frileux : transformer sa gourde de la journée en bouillotte la nuit! :)
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