Le réveil à 5h45 fait mal! Mais c'était finalement la meilleure option puisque un gros orage a éclaté cette nuit entre 3h et 4h. Départ sans petit déjeuner aux premières lueurs de l'aube. Il y a un plan grossier sur le Lonely, nous tenterons de suivre un itinéraire de 10km environ jusqu'au sommet. Une petite côte à la sortie de Moni, un sentier à gauche de la route, une rivière et une cascade, un pont de singe en bambou ultra glissant que l'on met un temps fou à traverser. Une première ascension dans la forêt pour atteindre un premier village: les chemins divergent. Nous demandons de l'aide mais les renseignements obtenus dans un anglais approximatif le sont tout autant. À un moment donné, nous sommes perdus et rebroussons chemin partiellement. Nous insistons alors sur le "hors piste" où la végétation est dense et nous récupérons une sorte de sentier. Il n'y a vraiment aucune indication. Nous traversons un second village pour atteindre la route au km 7 avant le sommet. Cela n'a pas été simple et nous avons grimpé dur. La chaleur commence à monter. Pour ne pas nous épuiser davantage nous suivons la route à flanc de montagne. C'est dommage qu'aucun véritable sentier ne soit prévu pour les randonneurs. De toute manière il n'y a personne. Nous observons pour la première fois Florès vue d'en haut. C'est une grande île verte, montagneuse à volcanique, "déserte" avec seulement 1.8 millions d'habitants principalement amassés près des côtes. Rien à voir avec Bali dont le sud est une grande plaine.
Nous poursuivons notre ascension rapidement (je ne nous crois pas capables du contraire) pour atteindre le poste d'entrée du National Kelimutu Park. Rien de plus qu'un péage supplémentaire auquel nous sommes rodés. Le garde nous fait signer le registre, il semble intrigué/impressionné par ma barbe au point de la toucher! Je croyais que la tête était sacrée chez les indonésiens et qu'il ne fallait pas toucher le visage d'autrui de ses mains... M'aurait-on menti?
Une fois les formalités administratives accomplies je serai le 5ème à passer la barrière alors qu'il est 8h15... Pourtant le volcan Kelimutu est une des merveilles géologiques de l'Indonésie, mais indubitablement situé dans un coin paumé. Nous parvenons jusqu'au parking vers 9h15 pour nous désalterer. Bien que la végétation ait presque disparue, les derniers mètres à grimper ne me donnent pas du tout l'impression d'atteindre un sommet. Normal après tout, il n'y a pas de pic sur un volcan... Le Kelimutu culmine à 1750m et est en réalité constitué de trois "petits" cratères voisins (plusieurs centaines de mètres de diamètre quand même), au fond desquels se trouvent trois lacs de couleurs différentes. Nous débouchons sur le premier cratère, dont le lac est couleur vert olive. Les parois qui l'entourent sont verticales. C'est stupéfiant. Un peu plus loin, un autre cratère se dessine, nous continuons sur le sentier, une odeur de soufre nous prend à la gorge. Le lac qui s'offre à nos yeux est de couleur turquoise, avec des nappes jaunes qui irisent sa surface. Pas la couleur turquoise de l'eau de mer, mais un turquoise opaque et solide. C'est simplement irréel. Le dernier lac, plus petit et éloigné, est vert-brun, dans un cratère qui ressemble davantage à un gouffre. La couleur de ses lacs, due aux minéraux dans le sous sol, a changé au fils des ans. Il y a une dizaine d'années, l'un d'entre eux était rouge. Le site possède une grande signification religieuse et spirituelle pour les indonésiens. Le lac aujourd'hui turquoise est un concentré d'acide sulfurique dont le pH est égal à 0.9... Nos amis chimistes confirmeront qu'on ne se noie pas la dedans... On se dissout d'abord :) ! Parce qu'on est des aventurieurs de l'extrême, et les dignes successeurs d'Haroun Tazief, nous nous approchons (prudemment) du trou pour prendre quelques photos avant de rentrer au village par le même chemin. Au poste d'entrée du parc, le même garde me refait le coup de la barbe. En plus il me prend la main et pousse des petits gloussements évocateurs. La honte... Mes colocs sont hilares. Je décampe aussi vite que possible.
Il nous aura fallu 6h de marche aller/retour, avec quelques coups de soleils en prime. Au programme de l'après midi : douche, petit déjeuner de ratrappage, glandage, déjeuner au Bintang restaurant de Moni (simple mais excellent), vue sur la vallée et ses rizières. Nous avons négocié la veille un taxi qui nous emmenera à Bajawa ce soir, puis Labuanbajo le lendemain. Cela représente une quinzaine d'heure de route mais nous gagnerons ainsi 1jour sur notre planning initial.
Départ en voiture (une suzuki monospace neuve) vers 17h30, il est enfin possible d'écouter notre propre musique sur mp3. C'est un soulagement total après 10jours de cheesy music : Brian Adams, Céline Dion et the Eagles font fureur là bas. Vers 19h30 nous atteignons Ende (sur la côte sud) pour une pause repas. Crevés par notre journée, nous étions endormis lorsque la voiture s'arrête. Il fait déjà nuit, mais toujours une chaleur de fou. Le resto est une sorte de fast food musulman. Pourtant de nature assez tolérante sur la nourriture, ce que je vois dans la vitrine me donne presque la nausée (des têtes de poisson, des morceaux frits bizarres). Ce sera poulet frit et riz blanc. Nous continuons notre route nocturne pour atteindre Bajawa vers 22h. Il y fait plus frais (1100m d'altitude). L'hôtel est défraîchi, mais propre. Demain départ à 6h30 pour visiter le coin.
Venez visiter ma cacteraie !
2 commentaires:
ça m'a l'air bien
pounet
c'est pas mal en effet, mais pas assez dur... ce qui arrive dans quelques jours devrait tenir ses promesses. bisous
Enregistrer un commentaire