lundi, avril 27, 2009

21 Avril - Rinca(la voisine de Komodo!)





Nous avons négocié un départ relativement tôt (6h30) pour ne pas trop souffrir de la chaleur sur Rinca. Cette fois ci ce sont trois gamins qui nous accompagnent, sur un bateau similaire à celui de la veille. Il est 9h quand nous touchons le minuscule embarcadère de Loh Kima. Il y a 500m à parcourir pour atteindre le poste des rangers qui nous escorterons dans la forêt. Je me demande ce qui empêche les Komodos de nous attendre des l'arrivée... Je ne vois nulle présence hostile sur la jetée. Quelques mètre plus loin, j'aperçois un macaque qui pousse des cris dans un arbre. J'appelle Jodko pour qu'il vienne voir. Celui ci se plante à côté de moi et me dit après quelques instants "oui, et il y a un Komodo à côté". À 3m de nous et sur le bord du chemin, immobile et camouflé, un lézard d'1m50 nous tourne de dos. Je fais un bond. Paul n'a pas encore eu le temps de mettre ses chaussures. Je ne connais pas la réaction de ces animaux et il n'y a pas de raison qu'il n'y en ait pas d'autres sur le chemin. Un de nos matelots va nous escorter jusqu'au poste, avec un bâton. Il repousse le bestiau dans la mangrove et nous poursuivons notre chemin, tous les sens en alerte. 10m plus loin, un lézard d'1m marche carrément sur la route dans notre direction. Le matelot ramasse un caillou et le lance en direction de l'animal, qui prend la fuite. Nota pour certaines lectrices qui se reconnaîtront , je savais que jeter des pierres était efficace pour mettre le Komodo en déroute! La preuve est faite! :)
Nous parvenons au poste après avoir traversé sans encombre une plaine désertique. Tout le monde a les yeux grands ouverts, instinct de survie. Nous optons pour un trek de 2h sur l'île, avec l'escorte obligatoire d'un ranger et de son bâton (je suis sceptique et reste convaincu qu'une bonne pierre sur le crâne est plus dissuasive). Quelques énormes varengs (2m50, 90kgs) sont paisiblement allongés dans le campement. Ils ne sont pas nourris pas les rangers mais l'odeur des cuisines les attire. Les plus jeunes sont généralement plus agressifs, les vieux paraissent calmes. Ils sont 8 ou 9 à nous observer du coin de l'oeil. Cette année, un ranger et un habitant se sont fait attaquer par un Komodo. Les deux ont frôlés la mort et ont été transportés d'urgence à Bali. Si l'on ne succombe pas aux blessures infligées par sa morsure, sans soins supplémentaires on meurt invariablement de septicémie le faute aux bactéries qui prolifèrent sur ses dents. C'est d'ailleurs la technique de chasse préférée des gros varengs : mordre un buffle sauvage ou un cochon puis attendre patiemment plusieurs jours ou semaines que l'infection l'ait affaibli pour l'achever. On n'arrive pas au sommet de la chaîne alimentaire par hasard.
Le trek de 2h se déroule sous une chaleur accablante. Nous rencontrons d'autres dragons, des singes, des buffles sauvages, et même une vipère verte arboricole (dont le venin est mortel). Les rangers piègent quelques varengs dans des boîtes des métal afin de les étudier. Prendre des photos de ces animaux en cage me fait vraiment penser à Jurassic Park. Que nous soyons dans la forêt ou dans la plaine, les chemins sont minuscules et l'endroit paraît incroyablement sauvage, vierge d'activité humaine et donc nécessairement hostile. Il faut payer 15USD pour visiter le parc national de Rinca et Komodo, mais il est clair que les autorités sont parvenues par ce biais à préserver l'authenticité des lieux.
Nous retournons sur le bateau vers 11h30, alertes et méfiants. Dans l'après midi, nous posons l'ancre sur une petite île entre Rinca et Labuanbajo, afin de faire bronzette et du snorkeling (masque+tuba). C'est tout simplement l'île paradisiaque, avec sa barrière de corail, ses eaux turquoises, sa plage immaculée en croissant de lune et sa petite colline verdoyante au milieu. Je plonge dans l'eau à 31 degrés, ce qui reste en dessous de la température de l'air qui est à 35... Les poissons sont toujours là, on ne s'en lasse pas. Plus tard, nous escaladons le sommet de l'île pour nous extasier devant le paysage. Je casse ma tong dès l'entamme de la descente et continue pieds nus tant bien que mal. Avec mon couteau de Mac Gyver et du fil de pêche je remets tout ça dans l'ordre à mon arrivée. Je n'abandonnerai pas mes havaïanas de cette manière, même au paradis sur terre. Nous rentrons au port à 17h30.
Le soir venu, nous buvons un verre au soleil couchant sur les îles, sans la moindre idée de ce que sera notre journée de demain.

2 commentaires:

Sophie Gaborit a dit…

Mais vont-ils en sortir vivants? Tin tin tin! la suite au prochain épisode! Vivement!

JeT a dit…

Un komodo, c'est comme un gros lézard non?

Vous avez essayés de lui tirer la queue pour voir si elle repousse? ;)