L'accès aux comptoirs est effectivement ferme. Ces deux petits cons de taxi auraient-ils dit vrai? Un officier très sérieux m'indique une sorte de grand hall d'attente, ou une cinquantaine de personnes sont entassées, mangent, dorment ou regardent un très mauvais bollywood sur un tout petit écran, avec le son a fond. De quoi tenir n'importe quelle ouie parfaitement eveillee. Je trouve une chaise libre et je m'installe, les pieds sur mon sac. Un type me parle, souriant et sympathique, ce qui me reconforte un peu avec les locaux. Je prends un bouquin, mes yeux se ferment et je peine a lire. Un peu plus tard, un indien musulman, tout de blanc vêtu s'assied a cote de moi et passe des coups de téléphone, il pose sa valise sur sa chaise et part nonchalament. Je regarde la valise suspecte... La fatigue me rendrait elle parano? Le gars se paye un the au snack au fond de la salle. Je résiste a l'envie folle de partir a l'autre bout de la pièce : je n'aimerais pas abandonner ma chaise et a avoir a passer le reste de la nuit assis par terre dans cet endroit. Le musulman revient, évidemment. La salle se remplit de plus en plus, on doit être une bonne centaine a présent.
A 3h, les comptoirs ouvrent, je m'y rends et je me fais refouler illico : attendre 7h du mat pour mon vol. Je suis épuisé, je vais tenter de dormir un peu dans les halls intérieurs, aux sièges a peine plus confortables. Je regrette sérieusement mon idée de nuit a l'aéroport tout seul. Je m'accroche a mes sacs et je serre les dents, alors que le bruit ambiant est théoriquement insupportable : les gens, les annonces qui commencent par le sempiternel "ladies and gentlemen may I have your attention please", les carristes qui enchaînent inexorablement leur travail d'empilage, les techniciens de surface et leurs machines archaïques infernales.... Les néons finissent le travail en agressant mes yeux rougis. Je sombre.
Pour me réveiller en sursaut quelques minutes plus tard parce qu'un enfant sur le banc derrière moi a pose sa main sur mon épaule en jouant. Je reprends mon livre, je lutte, je craque. Et je me réveille au premier claquement, cri ou événement qui s'ecarte un tant soit peu du brouhaha général auquel j'ai fini par m'habituer. Le schéma se répète plusieurs fois et il est enfin l'heure de s'enregistrer pour mon vol pour Baghdogra. Pas de souci particulier sauf que mes yeux se ferment tous seuls. Décollage a 9h15, cela fait 25h sans vrai repos, et ma précédente nuit n'avait pas dure beaucoup plus de 3h. Je me cale contre le hublot et degaine mon coussin de voyage. Une pensée m'assaillit soudain : que vais je faire une fois a destination ? J'avais un peu trop compte sur les potes pour organiser la suite et je n'ai aucun plan de secours. Je ne connais rien de Baghdogra si ce n'est qu'elle est située a 10km de Siliguri. Évidemment je n'ai ni le Lonely planet ni le Routard ce serait trop simple (faut pas deconner non plus). Bref, comme on dit par chez nous ce sera a la bite et au couteau, avec l'Amex en dernier recours. L'atterrissage est dans 2h, le temps d'une 'vraie' sieste qui devra impérativement me porter conseil. Je sursaute quand l'avion touche le tarmac. Il est 11h30.
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Venez visiter ma cacteraie !
1 commentaire:
Amuse toi bien gringo !
JeT
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